Lettre à nos yoga mats

écrit par Anabel Collin 15 avril 2017
Lettre à nos yoga mats

Depuis bientôt un an, tu es l’endroit où je me pose pour me vider l’esprit et effleurer un instant le moment présent. C’est toi que je déroule quand j’ai besoin de ralentir ou, qu’au contraire, j’ai besoin de ressentir l’énergie de la terre sous mes pieds. Tu me prends dans mes bons jours et mes moins bons jours, ceux où j’ai juste envie de me recroqueviller dans la position de l’enfant et de ne pas en bouger. Tu es sans jugement, t’es juste là, toujours prêt quand j’en ai besoin. Et dans la dernière année, j’ai souvent eu besoin de toi.

J’ai renoué avec le yoga grâce au studio qui a ouvert proche de chez moi. L’espace est un heureux mélange de cool et de zen et je m’y suis sentie bien dès que j’y ai mis les pieds. Je n’avais jamais pratiqué sérieusement avant. Quelques cours par-ci, par-là, mais rien qui n’avait suscité chez moi l’envie de vraiment m’engager. Après mon cours d’essai sur un tapis emprunté, je suis tout de suite allée te chercher dans le placard où tu te reposais depuis des années. T’as trouvé ta place dans le nouveau studio et moi aussi, j’y ai trouvé la mienne.

Les cours matinaux ne t’effraient pas et les cours de soir ne sont jamais en trop. Tu ne me boudes pas si je saute quelques jours, voire quelques semaines, et tu ne m’as jamais lâchée quand je te déroule plusieurs jours d’affilée. Tu es solide quand je plante mes pieds en position de la montagne ou que je me balance sur une jambe en position de l’arbre. Tu es fort quand mes deux pieds s’écartent et tentent de te déchirer dans la position du guerrier et tu es doux quand je pose mon front au sol pour me recentrer. Tu me protèges quand je me sens fragile et tu me donnes du courage quand je me sens habile. Tu me permets de me tromper et de tomber, tu me permets de me relever. Tu comprends quand mes pensées s’égarent ou que mon corps ne suit plus. Tu es là, tu es constant, tu es mon moment pour me faire du bien.

Tu es synonyme de solitude, de partage et de dépassement de soi. Tu réponds aussi aux noms d’éveil, d’amour et de peur. Tu es là quand je suis fière et quand je suis frustrée. Tu m’es fidèle et j’essaie de te le rendre bien. Avec toi, je me suis découvert des forces, des faiblesses et des rêves dont je n’avais pas conscience. Quand j’ai renoué avec le yoga, j’ai aussi renoué avec toi. C’est pour te dire que sans toi, je n’y serai pas arrivée. Je ne serais pas aussi équilibrée aujourd’hui, pas aussi namasté. Je compte sur toi pour traverser les prochaines étapes. T’es mon pilier, ma piste d’atterrissage et mon tremplin.

Merci.

 

 

 

 

 

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