Accepter qu’on n’sait pas grand-chose

écrit par Marie-Philippe Jean 15 octobre 2016
Accepter qu’on n’sait pas grand-chose

Y’a maintenant deux mois, je vous ai partagé à demi-mots (ici et ici) qu’une vague m’avait avalée tout rond pour me recracher à des milliers de kilomètres de tout ce que je pensais connaître, ou presque.

Et quand on s’fait plonger dans le noir, quand on entend le son de son propre coeur éclater, y’a un choix qui s’offre à nous – on s’installe dans la noirceur jusqu’à ce qu’elle devienne presque confortable et on s’auto-proclame brisée, blessée, ou on laisse entrer la lumière par la nouvelle fissure qui nous orne le coeur pour découvrir le cadeau dans cette souffrance, parce qu’il y en a toujours un, et entamer un processus de guérison menant inévitablement à une transformation vers une version encore plus authentique de soi-même.

Le deuxième choix n’est pas le choix facile, ça demande tellement de courage, de volonté et d’énergie, mais c’est celui que j’ai choisi quand même.

Le 3 août dernier, je suis allée rejoindre mon homme en Californie en croyant passer la semaine à ses côtés, comme on réussissait à le faire tous les mois. Quarante-huit heures plus tard, j’étais de retour à l’aéroport, pour rentrer à la maison. Malgré la puissance de notre amour qu’on croyait à toute épreuve, des circonstances extérieures menaçant de vite se transformer en dangereuse tempête pour nous deux nous a fait prendre la décision rationnelle de se séparer.

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Pourtant, pour lui autant que pour moi, ça n’avait absolument aucun sens. Comment deux âmes qui s’aiment autant et se rappellent tous les jours la chance qu’ils ont de s’être trouvés pouvaient, du jour au lendemain, se retrouver l’un sans l’autre en n’ayant aucune idée s’ils allaient se revoir un jour… « C’est une tragédie », qu’il laissait tomber dans les conversations téléphoniques qui ont suivi. « Je crois que c’est seulement la vie », que j’avais envie de répondre.

Parce que la vérité, c’est que bien que l’être humain ait profondément besoin de certitude et de contrôle, on ne sait pas grand-chose. Tout ce qu’on a, c’est notre façon de réagir aux événements dramatiques et parfois traumatisants qui seront mis sur notre chemin. Et c’est tellement dur à accepter hein, l’incertitude, l’instabilité, l’imprévisibilité, l’inconnu. Bien qu’on soit des amoureux de l’aventure et du risque, avouons qu’on aime seulement les belles surprises et celles auxquelles on s’attend un peu… Les mauvaises surprises et les détours, on en est moins fan.

J’ai aussi rapidement saisi que je ne comprendrais jamais totalement ce qui s’est passé. L’humain a aussi cette habitude de chercher un sens à tout, de désirer tout comprendre, mais t’sais quoi, ce n’est même pas nécessaire. J’ai trouvé beaucoup de paix en me répétant simplement « ainsi soit-il ». Je pourrais passer des dizaines de nuits blanches à tout décortiquer, on est plutôt doué là-dedans, la suranalyse, mais ça me donnerait seulement l’impression de rester coincée derrière une roche en pleine rivière, de résister… Je préfère suivre le courant et continuer de nager.

Dans les premiers jours suivant le coup, j’ai ressenti beaucoup de peur dans la voix de mes amies. Comme si soudainement, elles réalisaient que tout ce qu’on croyait solide et certain ne l’était peut-être pas tant que ça, finalement. C’est vrai que ça effraie, de ne pas savoir, de voir sa route prendre une direction différente, mais ça donne aussi envie de prendre soin de tout ce qui existe présentement, et de se réconforter en se disant que de toute façon, la vie travaille toujours pour nous, jamais contre nous.

Ça aussi, c’est un choix qui se présente quand ce type d’événement arrive – y’a l’option de vivre dans la peur et se fermer le coeur, résultat d’une confiance en la vie et en l’humain gravement écorchée, et y’a l’option de vivre dans l’amour, de garder son coeur ouvert en remerciant la situation présente pour les leçons et la croissance.

Vous êtes en vie, en santé, aimée, et toute va ben aller. 

À bientôt,

Marie-Philippe

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