Soigner ses maux physiques par le rire

écrit par Marie-Philippe Jean 26 mars 2017
Soigner ses maux physiques par le rire

J’y ai presque cru.

J’ai acheté deux nouveaux manteaux de printemps, maman m’a offert de nouveaux espadrilles. Je me suis mise à les porter le jour même. J’y presque cru que le printemps était là – ma saison préférée, parce qu’elle est rassurante – elle nous dit qu’encore une fois, on aura réussi à passer au travers d’un dur et cruel hiver québécois. Puis, la tempête du siècle (DU SIÈCLE!) m’a avalée tout rond et fait verser quelques larmes de découragement (mélangé au stress qui tombait après des heures coincées sur la route). C’est dans ces moments qu’il est important de se rappeler qu’on n’a aucun contrôle sur les éléments, qu’on fait intégralement partie de la nature et qu’on doit apprendre à danser avec elle, à s’adapter à elle sans résistance.

Le temps froid et les bancs de neige avaient déjà eu raison d’une bonne partie de ma motivation, partie en fumée après un mois de janvier plus que productif et un février qui s’est éclipsé en 3,4 secondes (d’habitude il donne l’impression de durer 6 mois celui-là!). J’avais envie d’additionner les siestes, de passer mes après-midis dans le bain et de me présenter dans les classes de yoga juste pour le Savasana.

C’est dans cet état déjà difficile à accepter pour une Chic tonique (you get it…) que je me suis réveillée un matin dans l’incapacité de sortir du lit. Le dos ben barré, comme on dit. Pourtant, pas de faux mouvement à la classe de ballet fitness de la veille, ni de fragilité remarquée dans les jours précédents.

Et pour les dix jours qui ont suivi, monter les 16 marches qui mènent chez-moi représentait une épreuve olympique, m’asseoir dans ma voiture emplissait mes yeux d’eau et aucune position n’était confortable. J’étais en quelque sorte paralysée de tout mouvement, ce qui m’a fait m’enfermer chez-moi quelques temps. Comme je travaille maintenant de la maison, je ne sortais que pour me rendre chez mon ostéopathe ou passer à la pharmacie pour des anti-inflammatoires.

Rien ne m’aidait – pas les soins, pas les médicaments, pas les huiles essentielles, ni les tentatives d’étirements maison.

Et c’est à la fin d’un traitement chez mon ostéopathe qu’on a trouvé le problème. Inquiète, je lui ai demandé ce que je pouvais faire pour guérir complètement et rapidement.

« Rien. »

«Rien ??!?? »

« Rien. Regarde un dessin animé, lis une petite histoire, va dans un party… Tiens, ce sont ça mes recommandations. »

Derrière le mal de dos se cachait simplement (si je peux utiliser ce mot) du stress, de l’hyperactivité mentale et bien des émotions ayant trouvées maison dans le bas de mon dos. J’avais besoin de jouer, j’avais besoin de légèreté, j’avais besoin de voir des gens. J’ai rempli l’agenda de la semaine suivante de coffee dates et j’ai accepté l’invitation de rejoindre des amies au chalet. En 24 heures, on est allé glissé comme des enfants, on a mangé des crêpes et des tacos, on a regardé 10 things I hate about you et on a beaucoup, beaucoup ri. Je ne ressentais plus rien – que de petites courbatures semblables à celles ressenties au lendemain d’un entraînement.

La leçon ici serait probablement de ne pas prendre la vie trop au sérieux, et de s’intéresser rapidement à la possibilité que nos stress et petites angoisses soient potentiellement à l’origine de nos maux physiques – soyons les détectives de nos propres expériences, on est souvent les seules à détenir les vraies réponses.

Marie-Philippe

 

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