S’ancrer pour mieux s’envoler

écrit par Marie-Philippe Jean 31 janvier 2017
S’ancrer pour mieux s’envoler

« T’es comme un chien… »
« Quoi? »
« T’as l’air bien calme assise là tranquille, mais si un papillon passe t’es partie le chasser! »

C’est l’image que mon ostéopathe Arthur a trouvé, le regard perplexe et les mains posées sur mes deux pieds, pour m’illustrer que j’avais besoin d’ancrage, de me déposer un peu.

C’est que les esprits créatifs qui dépendent de leurs idées pour assurer leur salaire ont une légère tendance à vivre quelques pieds au-dessus du sol. Dans l’industrie de la télé, quand un concept est semblable à un autre, on dit souvent que « les idées sont dans l’air… ». Ce n’est qu’une image, mais c’est ainsi que je les imagine aussi – flottantes, volantes, demandant un grand sens d’observation et une écoute de tout ce qui se passe autour pour les attraper et leur donner vie sur papier.

Souvent, les créatifs dans leur vie professionnelle le sont aussi dans leur vie personnelle. Pour éviter la généralisation, regardez-moi bien me prendre en exemple – quand je m’intéresse au coeur d’un homme, je suis où ça me mène comme, ben oui, un chien chasse un papillon. Les yeux fixés sur cette âme nouvelle, je suis, pour ne pas dire, j’accours dans sa direction, en y accordant la majorité de mes pensées et en laissant filer mon imagination sur une potentielle destination finale. En volant ainsi avec que ma créativité comme vent sous mes ailes, souvent, je me décentre, je perds mon ancrage, je me déracine. Les mots sont forts, mais je les choisis pour vous illustrer ce qui arrive quand on concentre nos énergies sur des incertitudes au nom de la passion – ça crée un déséquilibre, qui avec le temps, se traduit dans le corps et s’accompagne d’une grande fatigue. C’est épuisant, imaginer et générer autant d’idées.

Jumeler tout ça à un sentiment de ne « jamais être chez-moi » avec tous les récents voyages et l’inconfort qui m’habitait dans la maison où je résidais jusqu’à la semaine dernière, et j’avais tout de la balloune rouge partie au vent depuis on ne sait plus combien de temps.

Si ce que je décris résonne en vous, ou que vous vous entendez souvent dire que vous avez besoin de vous poser, de vous grounder, je vous partage quelques trucs, qui contrairement à ce qu’on peut croire, stimulera aussi votre créativité (imaginez un jardin, les racines doivent être bien ancrées dans le sol pour permettre aux fleurs de grandir et de fleurir – c’est pareil pour nous).

La méditation

Les racines sont une image forte pour moi, mais ce peut être aussi une ancre de bateau ou quoi que ce soit qui vous fait tenir en place! Assise ou couchée confortablement, relâchez la mâchoire, laissez le sol supporter tout votre corps, et imaginez des racines sortir de vos pieds pour aller s’attacher autour d’une grande pierre précieuse au coeur de la Terre. Visualisez vos racines, votre ancrage, le plus souvent possible.

Le earthing

C’est plus difficile au Québec en hiver, disons, mais marcher pieds nus dans la terre à l’extérieur est une façon puissante de se sentir en équilibre. La posture de la montagne en yoga, dans laquelle on se tient debout, les paumes tournées vers l’avant, le coeur ouvert, peut également faire partie de votre pratique pour vous fixer.

S’ancrer dans le concret

Pour quelques temps, concentrer vos énergies sur tout ce qui est solide, concret, rationnel. Profitez de cette période pour structurer votre quotidien, pour organiser vos finances, pour délaisser les cahiers dans lesquels vous documentez vos émotions pour les remplacer par des to do lists, par des actions réelles.

Faire du sport

Pas un autre bienfait du sport, quelle surprise! Ha! On dit souvent de « retourner dans le corps » pour nous aider à se ramener les deux pieds sur terre. Effectivement – une rigoureuse routine aide énormément à sortir de notre esprit vagabond pour revenir dans notre réalité et se concentrer sur l’action et sur « tout ce qui est » en ce moment.

S’installer chez-soi

Trouver la maison parfaite pour moi, par laquelle je ne vois que des arbres et où règne la tranquillité, fait partie de ce processus d’ancrage, après toute une année à sauter dans des avions aux trois semaines pour l’amour et pour le travail. Passez du temps à la maison, faites-s’en votre lieu sûr, votre refuge. Bien qu’il soit important de trouver sa maison en soi plutôt que de l’incarner dans un lieu physique, c’est une pratique qui peut vous soutenir dans une recherche d’équilibre et de repos.

Get yourself grounded and you can navigate even the stormiest roads in peace. – Steve Goodier.

Marie-Philippe

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